Le renouveau du monde du travail

Depuis la crise de COVID-19, on entend beaucoup parler des bouleversements qu’ont connu l’organisation du travail et les modes de management. Pourtant, les mutations du monde du travail avaient déjà commencé avant la pandémie mondiale. Si cette dernière a été un accélérateur, elle prouve surtout que ce monde est en perpétuel mouvement. Le management est un cycle, une révolution, un mouvement. Se tenir informé des dernières pratiques est plus que jamais primordial afin de ne pas se laisser dépasser.

France Stratégie rapporte que « 30% des français travaillent dans des entreprises apprentissantes» c’est-à-dire qui valorisent l’indépendance, l’enseignement et le bien être. Ce type de société se définit comme « une organisation qui met en place une culture, des comportements et des process pour favoriser le développement des compétences de chacun.» Elles sont le résultat d’un changement de mentalités apparu à la fin du XXe siècle. Désormais, l’entreprise ne doit plus être considérée uniquement selon son objectif économique (pourquoi) mais aussi selon les méthodes qui y sont employées (comment). Simon Sinek a exploré cette quête de la raison d’être des salariés dans son livre Start with Why. Il y déconstruit les idées reçues sur la perception que l’on doit avoir de son métier et de son entreprise. Les individus sont en quête de sens et l’entreprise doit pouvoir répondre à leurs aspirations. On peut trouver quatre causes à l’origine de cette évolution : le profit ne suffit plus, la relation au temps et à l’espace, l’adaptation et les envies nouvelles.

i. Le profit ne suffit plus

L’arrivée de la nouvelle génération sur le marché du travail a profondément modifié les organisations au travail. Une étude réalisée en 2018 par Deloitte auprès de plus de 10 000 personnes nées entre 1983 et 1994 dans 34 pays démontre la singularité de cette génération. Il apparaît que 63% d’entre eux voient le salaire et le profit comme des facteurs déterminants pour choisir leur futur employeur. Cependant, ils placent très haut d’autres facteurs comme la culture d’entreprise, la diversité et l’inclusion. En effet, 87% des sondés estiment que l’éthique, la façon dont les employés sont traités, la qualité du produit et la satisfaction client sont aussi importants pour la réussite de l’entreprise que le chiffre d’affaires qu’elle réalise. Dans cette optique, le mouvement impact (mouvement des entrepreneurs sociaux ou Mouves) a été fondé en 2010. Il regroupe des entrepreneurs et dirigeants d’entreprises qui luttent pour des entreprises qui placent l’impact social et écologique de leur entreprise au-delà de leur profit économique. L’argent n’est donc plus la préoccupation principale des travailleurs.

ii. La modification de la relation au temps et à l’espace

Cette dernière a été particulièrement mise en lumière durant la crise sanitaire de la Covid19. Avant la pandémie mondiale, le télétravail avait, certes, déjà émergé puisque début 2019, un tiers des salariés français le pratiquait à dose plus ou moins homéopathique. Mais le mouvement s’est considérablement accéléré dès mars 2020. Si la majorité a été surprise par le passage au télétravail à 100%, nombreux ont été séduits. Nous l’avons vu le distanciel intégral n’est pas devenu la norme cependant une grande partie des collaborateurs français aujourd’hui souhaite continuer d’en bénéficier au moins pour une deux ou trois journées hebdomadaire. Du reste, de nombreux recruteurs assortissent désormais leurs offres d’emploi de la faculté de télétravailler, pour attirer des candidats. Cette nouvelle forme de travail permet une plus grande flexibilité dans l’organisation du travail et de la journée. Il était, auparavant, nécessaire d’être le premier arrivé au bureau et le dernier parti pour se distinguer. Or le télétravail a démontré que les collaborateurs travaillent plus lorsqu’ils sont à distance. Les pauses café et les discussions dans le couloir n’existent plus lorsque les réunions se passent sur Zoom ou Teams. Idéale en apparence, cette solution peut toutefois recéler des inconvénients, notamment en termes de risques psychosociaux (RPS). En effet, durant la période où le télétravail était généralisé, certains salariés se sont trouvés dans des situations de solitude extrême. Par ailleurs, de nombreux managers ont été submergés par le travail puisqu’ils choisissaient de ne pas faire confiance à leurs équipes et assuraient un contrôle trop prenant. C’est donc l’équilibre qui permet une adaptation à ce nouveau type d’organisation.

Cependant, le télétravail ne s’entend pas uniquement comme le travail à domicile. Certaines entreprises ont fait le choix d’ouvrir des espaces de travail dans différentes villes, différentes places. Ce nouveau mode d’organisation offre une plus grande flexibilité aux collaborateurs tout en laissant une place à la coopération et la coordination des équipes. L’hybridation du management permet une nouvelle appropriation de l’espace et du temps. On fait confiance aux collaborateurs et on leur laisse la possibilité de travailler quand ils veulent et où ils veulent.

iii. L’adaptation et l’innovation

L’adaptation et l’innovation sont elles aussi des moteurs d’évolution des modes d’organisation du travail. Les frontières sont en train de s’atténuer entre les services et les hiérarchies. La communication interne des entreprises se développe au même rythme que se créer de nouveaux outils. Par exemple, le design thinking et les schémas heuristiques se démocratisent.

Cette époque se caractérise par le manque de temps de chacun. Ne sommes-nous pas toujours en train de te répondre que nous n’avons pas le temps ? L’heure n’est plus aux rapports écrits et construits qui prennent un temps fou à rédiger. Le temps s’accélère notamment grâce à internet et à la facilité de transfert d’informations. Un schéma est plus parlant qu’un résumé. Il faut aller plus vite et mieux. La révolution numérique a fait émerger une volonté d’efficience (capacité à atteindre un maximum de résultat avec un minimum de ressources) plus que d’efficacité (capacité à atteindre un résultat demandé).

Dans le même ordre d’idée, les entrepreneurs ont décidé de mettre l’expérience clients à profit. L’augmentation des versions beta mises à dispositions gratuitement en est la preuve. Cela a deux bénéfices : l’outil est amélioré grâce aux feedbacks et aux retours d’expérience et bénéficie d’une première mise en lumière par les testeurs. Les sociétés d’aujourd’hui et de demain favorisent un mode de pensée de doer. Cette notion, très américaine, renvoie aux self-made-men qui tentent, échouent et réussissent par eux-mêmes. La mondialisation a augmenté la taille du marché et le nombre de concurrents. La révolution internet a, quant à elle, accéléré le partage d’informations. Les entreprises ont dû s’adapter et accélérer les processus d’innovation afin de garder leur compétitivité.

iv. La mondialisation et l’arrivée des générations Y et Z sur le marché du travail

Si bien sûr les généralités sont à exclure, cette nouvelle génération se caractérise par un nouveau mode de pensée. Ces collaborateurs n’ont pas les mêmes envies que leurs prédécesseurs. Une étude menée en 2018 par Change the Work montre que plus de 40% des interrogés souhaitent quitter leur entreprise avant deux ans quand 16% s’y voient encore dans dix ans. Cette nouvelle génération — bien que très loyale envers son entreprise qu’elle choisit également pour ses valeurs — n’envisage plus sa carrière au sein d’une même société. Une fois encore, l’accélération du temps et de l’information jouent dans ce sens. Les salariés ont envie de sortir des sentiers battus, découvrir de nouveaux univers et diversifier leurs activités. Le travail a pris une part tellement importante dans la vie qu’il n’est pas question qu’il soit pénible. L’heure n’est plus au labeur. Les employeurs ont compris cet enjeu et misent sur leur career path et leur GPEC pour donner de la transparence sur les perspectives d’évolution qu’ils peuvent offrir.

Les entreprises doivent aujourd’hui se poser la question de ce qui favorise la productivité de leurs salariés. Cette productivité passe par le bien-être et la préférence de ces derniers. Si certains se sont épanouis en étant à 100 % à distance, le domicile de certains autres ne leur permettait pas une concentration optimale. L’hybridation du management c’est aussi être à l’écoute de ses collaborateurs.

Les entreprises sont en constante évolution. Elles doivent s’adapter pour rester compétitives et attirer de nouveaux collaborateurs. La gestion des ressources humaines a gagné en visibilité ces dernières années et est devenue un réel enjeu. Autrefois simple gestionnaire de l’administration du personnel, le DRH a vu son poste et le panel de ses tâches s’enrichir en importance et en diversité. Encore perçu par certains comme simple exécutant de l’employeur, il constitue néanmoins le trait d’union entre la direction et les salariés, première ressource stratégique de l’entreprise.

Adélaïde Cirée

The Sunny Way

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Aude Mercier

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